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Questions & Réponses #2 avec Team for the Planet

Ce qui différencie HelioSail des batteries mobiles et des remorques solaires : modularité, double orientation et coût du surdimensionnement.

Par Alain SANGUINETTI

Publié 8 août 2026

solaireénergies renouvelablesgaz naturelprix de l'énergie

Question à 260808

Bonjour,

Merci pour votre réponse exhaustive à mes précédentes questions.

Pouvez-vous également détailler en quoi votre solution se différencie des solutions concurrentes solaires et mobiles?

Je vous souhaite une agréable journée,

Jean-Baptiste

Réponse

Bonjour Jean-Baptiste,

Merci, c'est la question sur laquelle je suis le plus souvent challengé!

Je vois deux familles en face de moi.

D'abord les batteries mobiles: Instagrid, Olenergies, Mute Energy, et la plupart de ce qui se vend sous le nom de "générateur solaire". Grosse batterie dimensionnée à l'avance, peu ou pas de production sur site. C'est un réservoir qu'il faut recharger, donc une noria. Cher au kWh installé, et rigide dès que le besoin réel n'est pas celui qu'on avait supposé.

Ensuite les remorques et conteneurs solaires: Ecosun Innovations (Trailer-Watt, Frame-Watt), Volta Energy que je vous citais la dernière fois, Green Solarbox, BoxPower. Plus proches de moi, et souvent bien faits. Mais l'unité est monobloc: un châssis = une puissance. Doubler le solaire, c'est acheter une deuxième remorque, avec son châssis, son onduleur et son transport.

Chez moi le solaire est couplé en AC, avec un micro-onduleur par module. Il s'ajoute module par module sans rien recâbler, et la batterie reste volontairement petite. Le solaire devient l'axe pas cher, la batterie l'axe cher. C'est l'inverse exact de la première famille.

Beaucoup de concurrents proposent des modules solaires en option sur leurs batteries. C'est cher, mais surtout ça masque le vrai problème: l'orientation. Ces panneaux sont câblés en série et alignés ensemble, donc calés sur le pic de midi. Trois ennuis avec ça. Le pic de midi ne correspond pas forcément au moment où le client consomme. Il n'est pas forcément absorbable par le système, donc une partie est écrêtée et perdue. Et comme les panneaux sont en série, c'est le plus mal exposé qui impose son courant à toute la chaîne: il faut donc les aligner précisément, tous ensemble, sur le terrain.

HelioSail travaille en double orientation, et chaque module est électriquement indépendant. Donc chaque module peut être orienté séparément, sans pénaliser les autres. On produit tout au long de la journée au lieu d'une bosse à midi.

Et comme un module se replie en quelques secondes, je peux surdimensionner sans que ça coûte quelque chose: on déploie large le matin, on replie ce qui ne sert pas. Le surdimensionnement n'est abordable que si poser et retirer un module ne coûte rien.

Le format y aide: un module tient sur une empreinte palette EPAL, se prend au chariot élévateur, se gerbe jusqu'à 10. Une remorque, ça ne se palettise pas.

À l'arrivée: 30 secondes par module, installé panneaux fermés donc sans courants forts, connecteurs détrompés, pas d'alignement à respecter. Comme je vous le disais, c'est le chauffeur PL qui installe, pas un technicien.

Ça a l'air d'un détail, l'orientation. Mais c'est exactement ce genre de détail qui fait qu'aujourd'hui le solaire reste réservé aux équipes qui ont des techniciens spécialisés. C'est le vrai verrou, et c'est celui que j'attaque.

Résultat, c'est la charge mesurée qui décide de la configuration, pas l'inverse.

Un exemple, juillet 2026, un café mobile à Bruxelles: 3,5 kW de pic pendant 25 min de chauffe, 300 W de moulin, 80 W de veille, ~3 kWh sur la journée. Son pic est à l'ouverture, le matin, pas à midi. Et ce qui le contraint c'est le pic, pas le volume: les deux ne se dimensionnent pas du tout pareil.

Autre chose: la modularité sert aussi à répartir, pas seulement à grossir. Sur un petit événement sportif, un tournoi de beach-volley ou un trail en montagne, le besoin c'est quelques centaines de watts en plusieurs points sans réseau: chronométrage, sono, éclairage, recharge, poste de secours. Trois petites unités le long du parcours plutôt qu'une grosse et 300 m de câble. Un monobloc ne se coupe pas en trois.

Sur les coûts, je vise la parité avec le solaire installé en fixe: moins de 1 000 €/kW à l'échelle, contre 1 500 €/kW dans les hypothèses que je vous ai envoyées. C'est donc le même actif en site fixe et en déplacement, pas besoin d'un parc "mobile" et d'un parc "fixe". Et la modularité me permet d'utiliser des panneaux reconditionnés à 70-80% de capacité, ce qu'une unité intégrée ne permet pas.

Côté propriété industrielle: brevet d'utilité français FR2411239 sur le mécanisme, et dessin communautaire enregistré 015126338. Mes recherches d'antériorité (Espacenet/INPI, OPRI) n'ont pas trouvé de correspondance directe.

Où j'en suis vraiment: tout ça est construit et déployé, mais ma base de mesures terrain est récente. Deux déploiements en 2026, dont un seul avec un profil de charge complet. C'est exactement ce que la saison en cours doit remplir.

Sur l'Afrique: je travaille depuis cette année avec l'université Solusi au Zimbabwe. Les étudiants sont en train de construire un châssis sur place. L'objectif c'est une version fabricable avec les moyens de production africains.

Et ce que ça m'a déjà appris: le matériel n'est pas le problème là-bas. Panneaux, batteries, électronique, ça se trouve. Ce qui manque c'est l'installation. La structure, la pose, la compétence de déploiement. C'est précisément la couche sur laquelle je travaille!

Donc oui, le ROI est bon là-bas (2,4 ans, LCOE 0,131 €/kWh dans mes hypothèses). Mais ce qui me manque, en Afrique comme ici, n'est pas technique: c'est l'accès client et les canaux de distribution.

Deux mots là-dessus pour finir.

Volta Energy a levé 38 M€, vous le savez sûrement mieux que moi. Je le prends comme une bonne nouvelle, ça valide le marché. Mais ce qu'ils ont financé, c'est un produit pré-packagé, donc un pari sur une configuration. Mon pari est l'inverse, et il coûte beaucoup moins cher à porter. Le prix, lui, est déjà là: un client m'a dit payer 50€ de location plus 25€ de carburant par jour pour son groupe diesel.

Du coup, une demande concrète: est-ce que vous pourriez me mettre en contact avec les entreprises que vous accompagnez qui utilisent des groupes diesel ou des batteries pour leurs opérations? Et plus largement, celles pour qui le prix de l'énergie est devenu un vrai problème.

Dans les deux cas elles connaissent déjà leur coût énergie, et c'est exactement le profil de charge que je cherche à mesurer.

Si vous suivez ça de près chez TFTP, je suis preneur de la liste. Et si ce n'est pas suivi, ça m'intéresserait beaucoup de travailler sur le sujet avec vous!

Bonne journée,

Alain Sanguinetti

Alain SANGUINETTI

Fondateur & CEO, HelioSail

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